Eau potable et assainissement : l’argent coule à flots !

Mis à jour : 7 janv. 2020




La France fait figure de pionnier historique en matière de délégation de ce service stratégique aux multinationales privées comme Véolia, SAUR et Suez. Le fait que ces 3 entreprises soient françaises l’explique en grande partie. Ce « modèle français » de gouvernance de l’eau repose sur la délégation de service public. Une municipalité ou un syndicat intercommunal peuvent soit gérer directement l’eau et l’assainissement (gestion en régie), soit déléguer la prestation de ce service public à une entreprise privée spécialisée.


A Monteux, le syndicat intercommunal Rhône Ventoux (regroupant 42 communes) a délégué d’assainissement collectif et la distribution de l’eau à une société d’affermage (Suez) pour le résultat que l’on connait (les tarifs sont 40% plus élevés que la moyenne nationale et les fuites représentent 33% du volume total ce qui classe ce réseau dans les pires de France…)


Pour bien comprendre, notre facture d'eau et assainissement se décompose en 3 parts :


- Une première est reversée au syndicat Rhône Ventoux. Elle finance les investissements pour le renouvellement et l'extension des réseaux.


- Une deuxième à divers organismes publics (exemple : agence de l'eau). Elle finance en partie les travaux neufs via les subventions qui sont reversés par l'agence de l'eau.


- Enfin une troisième, approximativement de 40%, revient au délégataire SUEZ. Rien que pour Monteux, sachant que pour 60 m3 (consommation moyenne d'un couple de 2 personnes), la part de Suez est de 150 € et sur 120 m3 (consommation moyenne d'une famille de 4 personnes), c'est 250 € ! Sur les 5230 ménages montiliens recensés par l’INSEE en 2016, cela représente presque 1 000 000 € qui rentre dans les caisses du délégataire.


Sur cette part de SUEZ… on ne sait pas grand-chose ! En effet, sans pouvoir prendre connaissance du contrat de délégation, impossible de connaitre les réelles obligations de la multinationale. Par contre, en reprenant la gestion en régie de l'eau, cet argent pourrait être facilement revalorisé en effectuant plus d’entretien ou en baissant tout simplement la facture des usagers.


Sur 1m3 d'eau, nous payons 1,96 € d’eau potable (35%) et 3,68 € pour l'assainissement (65%) ! Connaissant l'état de nos réseaux, nous demandons : où passe notre argent ? Cette saturation est flagrante après les épisodes orageux lorsqu’une magnifique fontaine d'eaux usées se forme sur l'îlot végétal devant Mc Cormick.


Le contrat avec SUEZ prendra fin en 2025, (2021 pour l’assainissement), il sera donc indispensable dans le prochain mandat de se prononcer avec les autres élus sur les suites à donner. L’Association des Usagers de l’Eau et de l’Assainissement (ADUEA basée à Pernes) a tiré la sonnette d’alarme pour dénoncer la passivité et l’irresponsabilité des élus face aux méthodes du groupe Suez.


Pour nous, la question du passage à une gestion en régie publique est posée !

Les deux principaux obstacles compréhensibles qui s’opposent à la régie publique municipale (ou intercommunale) sont les contraintes financières pesant d’ores et déjà sur les collectivités locales, et aussi la difficulté à réacquérir les compétences techniques et managériales nécessaires après plusieurs décennies de gestion privée. Toutefois, d’autres villes ou intercommunalités le font, c’est pourquoi il faut l’étudier.... Dans notre département, dès 1997, le syndicat intercommunal Durance-Lubéron a mis fin à 42 ans de contrat avec la Lyonnaise des eaux, avec pour conséquence une baisse des prix d’entre un quart et un tiers.


A ce sujet en 2014, probablement suite aux demandes des citoyens, la liste « pour Monteux, toujours mieux ! avec Christian Gros », avait promis dans son engagement 7 page 5 : « Nous lancerons une étude sur le coût de l’eau potable et sa qualité afin que toutes les possibilités de gestion soient étudiées et que la plus favorable aux usagers puisse être retenue »

Depuis 5 ans, nous sommes attentifs aux publications communales mais nous n’avons pas lu d’étude sur les différentes possibilités de gestion de l’eau. C’est regrettable car les citoyens doivent pouvoir s’exprimer cette question cruciale en toute connaissance lors des prochaines élections de mars 2020.



Pour compléter cette analyse sur la situation montilienne, nous vous recommandons de visionner l’enquête de France 2 en 2017 sur la gestion de l’eau : https://www.youtube.com/watch?v=IZFkrXduDP4&fbclid=IwAR2W-DJHSzG50dgqzXNUXkvME8Pg48G_uXFEqcAAS7Y2tVtOQ-QnWNJOCVA

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