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Monteux : la ville où les statistiques ont davantage d'imagination que les conteurs




En ce dernier tiers de mandat municipal qui s’amorce, nous observons que « le régime » s’essouffle mais les pratiques perdurent... Avant même que la notion de « Fake » n’existât, ces pratiques ont fait ici leurs preuves, celles d’entretenir l’illusion.

 

En examinant les budgets 2024 sur des sujets distincts nous obtenons une illustration assez fine des modes opératoires.

 

La gestion financière de la ville :

 

Depuis des décennies, Monsieur le Maire présente des budgets désignés comme volontaristes, c’est à dire s’établissant entre 4 et 6 M€ d’investissement par an, (en 2024, le chiffre retenu est de 5 M€) pour finalement n’en réaliser qu’un quart ou un tiers. Ces pratiques, reconduites d’années en années, relèvent de l’imposture d’autant que les hausses d’impôts affligeant les propriétaires ne trouvent leur justification que dans le niveau d’investissement affiché en début d’année qu’il convient de soutenir mais qui en bout de course n’est jamais réalisé.

 

La raison principale est que Monsieur le Maire n’a pas la capacité à réaliser ce qu’il annonce en raison de la faible marge de manœuvre qui ressort de sa gestion du fonctionnement de la ville. Les comptes administratifs 2023, attestent de cette situation, la marge de manœuvre réelle pour l’investissement est de moins de 5 % du budget (ratio N°7, page 4 du CA 2023 – frais de fonctionnement + remboursement du capital de la dette / recettes de fonctionnement = 95,11%) ; En 2024, la marge se rétrécira encore pour avoisiner les 4 %. Concrètement, cela a permis de consacrer 578 K€ des recettes de fonctionnement pour les allouer à l’investissement. Finalement, c’est à peine 10 % des besoins d’investissement programmés sur une année que le budget de fonctionnement peut soutenir. Cet écart entre grandes masses explique que les prévisions soient en décalage avec le réel et les réalisations annoncées si longues à voir le jour.

 

Ces écarts ne soulèvent pour autant aucune réaction dans les rangs de la majorité qui entérine par son vote à l’unanimité les comptes administratifs sans avoir constaté dans cette gestion aucun problème de nature structurelle. Le sempiternel argument de « la dette ne pèse que 7,6 % du budget » (explication de l’élu aux finances) dans ce contexte est absolument non pertinent. C’est à l’aune de la marge de manœuvre résiduelle qu’il convient d’apprécier le poids des remboursements bancaires et non pas de la ligne de pied de bilan.

 

Nous tenons à rappeler que cette gestion particulièrement contrainte s’observe alors même que le périmètre d’action de la commune a été volontairement rétréci et que l’ensemble des sujets pondéreux et stratégiques ont été dévolus à l’intercommunalité

 

Les vrais gagnants de cette dernière décennie à Monteux sont finalement les institutionnels de l’immobilier. La ville est devenue le terrain de jeux pour les promoteurs immobiliers en tout genre et parallèlement la ville a perdu sa capacité à agir. Quant aux logements sociaux, c’est la caution morale pour la poursuite des constructions à tout va. Notons à ce propos, que les autorisations de permis de construire n’apparaissent jamais à l’ordre du jour du conseil municipal. Tous ces permis, qui transforment la physionomie de la commune, sont donnés par le Maire dans le cadre de la délégation qu’il a faite voter par sa majorité lors du premier conseil municipal (contraint au silence pour cause de COVID 19).

 

 

 

Faire parler les statistiques est un art ; certains n’ont pas attendu l’intelligence artificielle générative pour jouer les ventriloques et faire dire aux chiffres municipaux ce qu’ils ne disent pas.

 

Un exemple de la méthode traditionnelle en vigueur ici ? Utiliser le bon vieux journal de Monteux dans sa version papier, diffuser des chiffres qui ne reflètent pas la réalité en utilisant des « moyennes » qui intègrent dans les calculs des populations hors de l’assiette d’imposition car non propriétaires.

 

Ainsi le JDM déclare de la façon suivante : « le montant de l’impôt par habitant à Monteux serait de 483 € ».  Or, en matière d’imposition locale, ce ne sont pas les individus qui sont taxés mais les propriétés. Une personne non propriétaire n’est donc pas concernée, il serait aberrant de l’inclure dans le calcul. Cela représente pourtant la moitié de la population résidente à Monteux !

 

Si l’on parle d’impôts locaux, parlons de choses concrètes, feuille d’impôts fonciers à l’appui.  Quelques chiffres précis pour 2024 puis 2025 à Monteux :

- une maison de 120 m² coûte en taxes foncières 1 427 € en 2024 puis 1 482  € en 2025 ;

- un garage de 60 m² : 225 € en 2024 puis 233 € en 2025 ;

- une remise-entrepôt de 100 m² :  512 € en 2024 puis 532 € en 2025 ;

- une piscine de 8 sur 4 m avec son pool house 261 € en 2024 puis 272  € en 2025.

- le jardin : 7 € seulement

- le traitement de dossier : un forfait de 100 €.

 

Total pour l’heureux propriétaire de sa résidence principale installé à Monteux, 2 530 € en 2024 puis 2 625 € en 2025 à verser à monsieur le Maire. Rien de particulier, on est en cohérence avec la Taxe foncière moyenne du Vaucluse qui s’établit à 1 700 € (https://www.impots.gouv.fr/statistiques-impots-locaux), en aucun cas « les moins chers du département ».

 

Ce sont ci-dessus de vrais chiffres et non pas des agrégats fictifs qui faussent le réel et ne correspondent à la réalité de personne.

 

Ainsi le journal de Monteux qui, sous couvert d’instruire le lecteur, pratique de la désinformation à outrance notamment lorsqu’il déclare « Monteux a toujours été une des communes où les habitants paient le moins d’impôts. »

 

Si seulement ces augmentations d'impôts, qui touchent directement au pouvoir d’achat des propriétaires de leur logement (50 % des foyers montiliens), étaient utilisées pour désendetter notre commune et dégager des leviers d’action pour les années suivantes, cela serait une décision acceptable. Malheureusement, ce n’est pas la perspective adoptée par la majorité municipale, qui l’utilise comme variable d’ajustement.


Nous soutenons qu’améliorer la performance financière de notre commune, doit être l'un des axes prioritaires de la gestion de la ville. Cela passe par une gestion active de la dette, qui inclut des restructurations régulières, des opérations de remboursement par anticipation, des renégociations de la dette. Cela passerait également par la mise en place d’une politique visant à gérer la trésorerie en flux tendu (trésorerie « 0 ») sans s’interdire de dégager des produits de trésorerie, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement.


Nous parlons donc d’une politique plus imaginative et plus professionnelle, où la mise en œuvre de nouveaux services pour les usagers ne s’accompagnerait pas automatiquement d’investissements immobiliers. Il s’agit d’une autre façon d’envisager la gestion communale, où chaque euro dépensé devrait restituer le meilleur rendement pour la collectivité et l’usager final. En un mot, une gestion responsable et durable de la ressource financière.

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