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Notre carte de vœux 2023- Du local au global -Un vol d’oiseau de notre espace naturel Sensible!


fauvette à tête noire (crédit photo site: https://www.sablet-nature.fr/accueil/les-oiseaux)



Du local au global -

Un vol d’oiseau de notre espace naturel Sensible à la COP 15

en passant par toutes les strates du millefeuille.




Depuis les années 2020, monsieur le maire de Monteux, a affiné sa communication : il est rattrapé par le tsunami de l’écologie. Paré d’une grande cape verte pour sauver la planète mais aussi … l’image de son mandat ancré dans les programmes d’aménagements de terres et de constructions en tout genre, il affirme avec conviction et par petites touches ses nouvelles orientations, liées, convenons-en, à l’évolution de la législation ou aux initiatives de son partenaire régional, la région PACA.


C’est en double page qu’il le fait savoir dans le journal de janvier de la commune : Monteux serait devenue ville verte. Ce satisfecit auto décerné s’explique par le fait que les services municipaux ont renoncé à l’usage des produits phytosanitaires dans l’espace public.

Il semble également enfin tenté d’emboîter le pas au plan de la Région Paca lancé il y a déjà 3 ans « Planter un million d’arbres ».


Cette évolution de bon aloi résulte simplement de l’application de l’interdiction de l’usage des pesticides depuis le 1er janvier 2017 par l’État, les collectivités locales et établissements publics.

La mise en œuvre de la législation française à l’échelle communale :


À partir du 1er juillet 2022, l'interdiction d'utiliser des produits phytopharmaceutiques s'étend à de nouveaux lieux :

• les propriétés privées à usage d'habitation, y compris leurs espaces extérieurs et leurs espaces d'agrément ;

• les hôtels, les auberges collectives, les hébergements, les terrains de campings et les parcs résidentiels de loisirs ;

• les cimetières et columbariums ;

• les jardins familiaux ;

• les parcs d'attraction, de divertissement et de loisirs qui proposent des activités et installations variées ;

• les zones accessibles au public dans les zones destinées au commerce et activités de services ;

• les voies d'accès privées, les espaces verts et les zones de repos sur les lieux de travail (sauf cas de nécessité pour des questions de sécurité) ;

• les zones à usage collectif des établissements d'enseignement ;

• les établissements de santé, les maisons de santé et les centres de santé, y compris leurs espaces verts, leurs forêts, leurs voiries, ou leurs promenades accessibles ou ouverts au public ;

• les établissements sociaux et médico-sociaux à l'exception des établissements assurant ou participant à des formations professionnelles, ou assurant une activité d'aide par le travail conduisant potentiellement à l'usage de ces produits, y compris leurs espaces verts, leurs forêts, leurs voiries, ou leurs promenades accessibles ou ouverts au public ;

• les maisons d'assistants maternels et les domiciles des assistants maternels qui accueillent des mineurs, y compris leurs espaces verts ;

• les aérodromes

• les équipements sportifs autres que :

1. les terrains de grands jeux, les pistes d'hippodromes et les terrains de tennis sur gazon, dont l'accès est réglementé, maîtrisé et réservé aux utilisateurs ;

2. les golfs et les practices de golf, il s'agit uniquement des départs, greens et fairways.


Le virage écologique opéré par notre commune est donc parfaitement mainstream, c’est à dire dans le milieu du courant. Ne pas prendre le virage sur les produits phytosanitaires serait tout simplement une infraction à la loi française actuelle.

Si nous replaçons notre réflexion dans un cadre plus large, dans quelle mesure la commune de Monteux accorde-t-elle une protection réelle au vivant, aux espèces végétales et animales non humaines ?

La mise en œuvre des recommandations internationales et européennes à l’échelle communale :


A l’issue de la COP 15, les représentants de 195 pays se sont engagés à protéger au moins 30 % de leur territoire comprenant les terres émergées et les zones aquatiques. Selon l’IPBES, environ 1 million d’espèces animales et végétales sont en effet menacées d’extinction au cours des prochaines décennies en raison des activités humaines. Pour tenter d'enrayer la destruction de la nature d'ici à 2030, le cadre mondial pour la biodiversité que constitue la COP 15 fixe l’objectif de protéger d’ici à 2030 «au moins 30 % des surfaces terrestres et d’eaux intérieures ainsi que des surfaces côtières et marines», contre respectivement 17 % et 10 % aujourd’hui.

Toutes choses égales par ailleurs, quelle est la traduction de cet engagement actuel sur notre territoire communal ?


A Monteux ce sont 48 ha de zone Natura 2000 qui ont reçu le statut d’espace protégé en 2015 (les Confines). Ramené à la superficie de la commune de 39 km², cela représentant une proportion de 1,2 % du territoire local. Si la question est examinée à l’échelle de la communauté d’agglomération le résultat n’est pas davantage satisfaisant.

Cela l’est d’autant moins que le statut de protection bénéficiant à cet espace n’est qu’un statut de papier. En effet de multiples atteintes lui sont portées depuis de nombreuses années expliquant en cela la perte rapide de sa biodiversité.

Les observations précises réalisées sur le site protégé « Espace Naturel Sensible : ENS – Natura 2000 :


Parmi ces atteintes, portées parfois sous couvert de dérogations préfectorales, citons :


- les écobuages à proximité de la réserve qui privent les oiseaux d’abris et de ressources,

- les battues au sanglier, autorisées sur un calendrier s’échelonnant sur quasiment toute l’année,

- l’intervention d’engins de terrassement près du déversoir là où étaient observés bruants jaune et pics épeichette. L’intervention la plus désastreuse a été l’enfouissement d’une conduite d’eau côté réserve par l’entreprise Colas, là où des plantes hébergeaient de nombreux papillons. Il y a lieu de s’interroger sur qui a donné l’autorisation pour pratiquer cet enfouissement à l’intérieur même de la zone protégée et pour quelle finalité.

- les interventions mécanisées de la commune ou de la communauté de communes,

- les faucardages excessifs et débroussaillage intensifs des abords du fossé (exit les rousseroles),

- le goudronnage de la route d’accès,

- les dérangements et fréquentations indésirables de gens venant de bien au-delà de la commune,

- déambulations de joggers, familles bruyantes ou de chiens laissés en liberté.

- mais aussi de certains chasseurs photos, davantage concernés par la mise en scène de leurs clichés et de leurs collections que des espèces protégées, ceux-ci n’hésitent pas à mettre les pieds dans la mare pour « arranger un peu tout ça », alors qu’il s’agit de l’habitat direct des espèces venant chercher refuge là.

Nous faisons le constat que toutes ces activités humaines ne sont plus compatibles avec les objectifs de conservation des habitats et des espèces qui ont justifié la désignation de ce site.


L’appel de Monteux Citoyen : une urgence à agir de façon concertée et à communiquer largement.


Le propriétaire de cet espace naturel (la commune), le gestionnaire et le mandataire, par l’absence de mesures de protection forte, qui caractérise leur gestion, participent de la déshérence des espèces sur ce site. La chute rapide de la biodiversité et de l’avifaune a été enregistrée dès 2015 par les naturalistes professionnels venant faire des inventaires chaque année (rattachés aux programmes scientifiques de la Tour du Valat).

Les Confines, font partie des zones humides naturellement pourvoyeuses de biodiversité. En 2021, le Congrès mondial de l’IUCN à Marseille avait rappelé la nécessité de protéger ces sanctuaires. Cet appel n’est, selon toute vraisemblance, par parvenu jusqu’au dirigeant et divers acteurs opérant sur la commune de Monteux.


Nous demandons instamment aux mandataires ayant reçu délégation pour préserver le site des Confines d’entreprendre de toute urgence les mesures de restauration effectives permettant à ce site de retrouver une biodiversité correspondant à son potentiel.

Nous alertons sur la nécessité d’instaurer une protection stricte considérant que ce site est assimilable au cœur d’une zone plus large, la Znieff des « Prairies de Monteux » d’une superficie de 290 ha, à l’instar de ce qui se pratique dans les Parcs nationaux (zone cœur et zone périphérique) et conformément aux objectifs fixés par l’Union Européenne sur les zones protégées. L’instauration d’une réserve intégrale doit être envisagée sachant que cet espace représente seulement 1,2 % de notre espace communal. La notion de zones de protection spéciale pour les oiseaux (ZPS) et de zones spéciales de conservation pour les habitats et les espèces (ZSC) issue de la directive Oiseaux et Habitat faune et flore doit être appliquée.


Sur la Znieff, c’est à dire le territoire périphérique à l’ENS, il conviendrait de s’assurer que l’interdiction des pesticides est effectivement appliquée. La notion de contrôle doit faire partie intégrante des mesures de protection. Rappelons que l’objectif d’une zone classée est la conservation d'espaces naturels fragiles : la conservation de la faune, de la flore, du sol, du sous-sol, de l'atmosphère, des eaux et en général du milieu naturel.


Dans la zone humide hors Confines, le plus grand sujet de préoccupation est le développement de grandes cultures (tournesol) sur dérogations. Ces cultures entraînent l’utilisation de produits phytosanitaires et la disparition de la flore endémique des prairies. La zone comprendrait plusieurs espèces rares ou très rares telles Inula britannica et Crypsis Schoenoïdes. Il suffit d’un apport d’engrais pour faire disparaître les bulbeuses telles les colchiques.


Il faudrait aussi apprécier l’impact du pâturage intensif par les moutons en hiver sur les espèces à protéger. Les partenaires actuels en charge de l’ENS ont-ils la compétence botanique nécessaire ?


Il apparaît également souhaitable que les travaux du gestionnaire actuel désigné sur ce site ne restent pas en circuit fermé, en particulier aux observateurs qui assurent une surveillance continue de la faune et aux parties prenantes qui en assurent la défense, aux rangs desquels se place notre mouvement citoyen de Monteux. Nous devons être informés du sens des actions entreprises par le biais de réunions d’informations régulières, toutes choses qui ne se sont pas produites depuis que cet ENS existe.


Enfin, à titre d’information et de comparaison pour nos lecteurs, nous tenons à préciser qu’un parc naturel régional (PNR) à ne pas confondre avec un Parc National, est un territoire de projet et d'aménagement beaucoup plus que de protection. Il y en a plusieurs dans notre région (Ventoux, Lubéron, Alpilles …). Leur existence n’est pas un gage de protection de la biodiversité comme peut l’être un ENS ou bien le coeur d’un Parc national. C’est la raison pour laquelle les citoyens de Monteux doivent être conscients de la spécificité de leur ENS des Confines et de la responsabilité qui leur a été confiée au moment de l’attribution de ce classement.


A l’occasion de la COP 15, la presse locale, La Provence, a produit un article recensant les espèces menacées sur la région, nous le partageons ici avec vous:








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