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Vers un troisième parc à Beaulieu ?

Dernière mise à jour : 28 janv.



L’annonce faite le 16 janvier à l’occasion des vœux du maire, sur la possible installation d’un troisième parc d’attraction révèlerait-elle une première promesse pour le lancement d’une 8ème candidature ? Est-ce une plaisanterie ? Un coup de bluff alors que la justice s’intéresse aux affaires privées de Monsieur le Maire sur Beaulieu ?

Il semblerait que ce ne soit pas un canular (« les discussions seraient avancées » précise-t-il). Monsieur le Maire a décidément la conviction qu’il a reçu mandat pour poursuivre son jeu de monopoly à Beaulieu et pour poser des actions irréversibles pour la commune.

 

Quelle logique rationnelle peut sous-tendre cette persistance de choix connaissant les enjeux auxquels nous devons faire face ? Rappelons en quelques-uns : pression sur la ressource en eau renforcée par la présence de poids lourds ayant des besoins en eau en période d’attrition hydrique ; dégradation rapide de notre environnement immédiat à laquelle contribuent ces « spots » de loisirs de consommation.  L’accumulation de déchets à traiter par les services publics locaux est inhérente à l’activité même de ces parcs.

Enfin, les constructions liées aux parcs ont un caractère irréversible. Leur présence dans le paysage est appelée à durer et la dégradation visuelle qui en découle sur le patrimoine paysager sera également durable.

 

D’un point de vue social et de l’emploi, ce nouveau choix, s’il se concrétisait, renforcerait le caractère de mono industrie du divertissement de la ville, ainsi que le profil du marché local de l’emploi. Il s’agit d’un marché saisonnier, en recherche d’employés faiblement qualifiés, offrant des contrats précaires, recourant à une main d’œuvre extérieure au bassin de vie locale pour répondre au pic d’activité entre avril et août. Il y a peu ou pas de retombées sur le commerce local y compris sur les commerces de bouche (le panier du client est dépensé en intégralité à l’intérieur des parcs).

 

Cette industrie du divertissement a vocation à piocher indistinctement dans une main d’œuvre disponible, locale ou non, de préférence peu diplômée et faiblement payée. L'évolution professionnelle de son personnel n’est pas son objectif. C’est pourtant à ces acteurs économiques que sont accordées les facilités les plus importantes par la ville.

 

Nos dirigeants offrent à ces investisseurs ce que notre terroir a de plus précieux, nos terres fécondes et nos espace naturels, pour les transformer en d’anonymes hectares de surfaces artificialisées sur lesquels ces géants économiques viennent poser leurs machines à cash. Après des années de présence sur notre commune nous constatons que ces acteurs économiques conservent leur statut d’extra-territoirialité : des règles propres s’appliquent à eux. Rappelons l’affaire des 700 000 € accordés à Wave Island (ex-Splashworld en redressement judiciaire), ristourne consentie soi-disant pour soutenir les petits entrepreneurs locaux ... qui avaient déjà été réglés.

 

Enfin, d’un point de vue de la performance économique et des retombées directes à l’issue de 10 ans de parcs d’attraction à Monteux, reconnaissons que leur présence n’a rien apporté en terme d'amélioration de notre « qualité de vie ». Sur un critère purement financier, ces géants venant réaliser des profits substantiels sur le territoire de notre commune n’ont même pas été en mesure de contrecarrer la hausse continue et substantielle des impôts locaux ou d’offrir aux Montiliens des services nouveaux comme par exemple une médiathèque. Généralement, lorsqu’une industrie qui engendre des externalités négatives (nuisances ou pollution) décide de s’installer sur un territoire, elle apporte une contrepartie économique à ses habitants leur assurant un niveau de vie supérieur. A Monteux, la présence de ces parcs n’a pas amélioré, le niveau de vie au quotidien et la pression sur le logement n’a fait que croître. Quant à la marge de manœuvre de la municipalité sur sa gestion financière, elle s’est réduite à peau de chagrin. L’effet de ruissellement attendu par les parcs d’attraction ne s’est pas produit. La ville a grossi et la population est restée dans les tranches de revenus aussi basses qu’auparavant tout en ayant perdu une certaine qualité de vie qui prévalait il y a deux décennies

 

Ces vœux de 2024 n’ouvrent en rien la perspective d’une nouvelle ère pour la ville malgré la mobilisation de nombreux symboles sur le plan de la communication.

 

Les ambivalences de notre modèle de gestion locale:

 

En contrepoint à ces vœux, proposons quelques principes qui gagneraient à entrer en application pour faire évoluer l’ordre existant des choses.

Trois exemples, pris sur trois domaines distincts, éclairent le travail de refondation qu’il faudrait aborder.

 

1 - Promouvoir une montée en compétences en matière de transition écologique et énergétique des personnels des deux collectivités territoriales qui régissent notre quotidien, mairie et Communauté des Sorgues du Comtat. Dans ces structures, qui gèrent des dizaines de millions d’Euros de budget annuel, combien de cadres territoriaux ont une maîtrise de haut niveau en matière d’innovation sur ces questions ? Dotons nous de ressources durables pour « changer de braquet » et passer en « mode opérationnel » sur la transition. La chasse aux subventions d’État, devenue une spécialité locale, ne peut être considérée comme une compétence spécifique concernant la transition et l’innovation.

 

2 – Lever le pied sur les dépenses en délégations de toutes sortes à des cabinets d’experts et de conseils. Internaliser davantage les savoir-faire. Illustration : les travaux de voierie de l’avenue Cassin ont fait l’objet d’une étude et de propositions d’un projet architectural par un cabinet ad hoc. A l’issue de la mise en œuvre, nous peinons à discerner la trace d’un « geste architectural » sur cette avenue. L’intervention du cabinet d’architecte était-elle indispensable ?

 

3 – Cesser de tout mettre en équivalence et d’affirmer que « tout est dans tout. »

Illustration : Faire valoir que « les panneaux photovoltaïques de Beaulieu couvriront 75 % des besoins en énergie des ménages montiliens » (Cf article La Provence 20/01 ), laisserait penser que le dispositif les rendrait autonomes à hauteur de trois quarts de leurs dépenses et diminuerait d’autant leur facture. Pour l’instant les mêmes panneaux installés sur le parking injectent directement leur électricité dans le réseau d'ERDF. Le futur dispositif risque de ressembler en tout point à celui déjà existant. C’est donc une nuance de taille : les ménages montiliens paieront toujours la même facture.

 

Sur le même schéma, dire et répéter que Beaulieu dispose d’une « superficie d’espaces verts exceptionnelle », c’est ignorer sciemment qu’en réalité c’est la zone la plus vaste de la commune « nettoyée de toute nature et biodiversité ». Tout n’est donc pas « équivalent ». Une rigueur minimale serait hautement appréciée et devrait faire partie des résolutions de début d’année de notre personnel politique.

 

 


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